Le 23 mai dernier, un spectaculaire incendie éclate dans un immeuble de l'avenue du Général de Gaulle sur le haut de Puteaux (photo ci-dessus). Par miracle, on ne compte que quelques personnes choquées ou légèrement intoxiquées par les fumées et 1 pompier blessé. Les dégâts sont en revanche assez importants : 19 familles doivent être évacuées de leur appartement.
Après l'émotion, il est urgent de mettre en place à Puteaux une véritable politique de prévention des risques d'incendies. N'attendons pas un nouveau drame. Plusieurs alertes se sont déjà produites ces dernières années dans notre ville :
- Il y a 1 an, en juin 2008, un logement est ravagé par les flammes, rue Gerhard.
1 famille a tout perdu dans ce feu qui aurait pu être plus grave.
L'immeuble est ancien, l'électricité vieillotte. Cette fois, la municipalité ne fait rien
pour les sinistrés, laissant au propriétaire le soin de les reloger et
de faire des travaux de réhabilitation. Les installations électriques
de l'immeuble ont-elles été refaites ?
- Il y a 2 ans, en septembre 2007, c'est la résidence du carré Vert qui est frappée par le feu.
Une personne âgée est hospitalisée dans un état sérieux. Là encore, le
pire a été évité de peu : les pompiers ont eu du mal à accéder au
bâtiment HLM, entouré de nombreuses grilles (les fameuses grilles du
maire). Les systèmes d'accès ont-ils été changés ?
- En 2005, 2 feux importants se sont produits : rue des Pavillons, dans un immeuble délabré où 40 personnes ont tout perdu, et dans un pavillon squatté rue Sadi Carnot, où 3 personnes sont blessées. Les logements insalubres ou abandonnés sont ceux où bien évidemment se déclarent le plus souvent des incendies. Les propriétaires concernés ont-ils été mis en demeure par la commune ?
- Enfin en janvier 2008, 3 personnes meurent dans le feu d'un bateau au pont de Puteaux.
Des morts, des blessés, des familles à la rue... le feu est sans aucun doute le pire des sinistres. En quelques minutes, ce sont des vies qui sont effacées... au sens propre comme au sens figuré. Puisque les rescapés perdent tout : vêtements, papiers, souvenirs...
En 2008, j'ai publié une note sur ce qu'une municipalité peut faire pour venir en aide aux victimes en cas d'incendie.
Le Code des collectivités accorde en effet au maire des pouvoirs importants dans ce domaine :
Au titre de sa compétence de police municipale (art. L. 2212-2 du Code des Collectivités), le maire doit prévoir les risques notamment liés à des incendies et prendre des mesures afin d'assurer la sécurité publique. Ces pouvoirs de police permettent au maire de prononcer la réquisition des locaux nécessaires au logement des familles sans abri. En cas d'urgence et de danger imminent, le maire peut faire évacuer un immeuble et reloger ses occupants.
A l'époque, suite à l'incendie de la rue Gerhard, je proposais la série de mesures suivante :
- la commune en propre ou via son CCAS pourrait disposer d'un grand
appartement permettant d'héberger une famille en cas d'incendie, mais
aussi de tout autre sinistre et cas d'urgence,
- le CCAS devrait débloquer immédiatement une somme d'argent pour
permettre aux sinistrés d'acheter des vêtements et quelques produits de
première nécessité,
- une cellule d'information et de soutien devrait être aussitôt mise en place,
- enfin, de manière préventive, la mairie pourrait sensibiliser les
propriétaires des immeubles vétustes et informer les locataires sur les
risques, notamment d'incendie, et les moyens de s'en protéger.
Je renouvèle ces propositions en insistant sur la prévention. La municipalité pourrait lancer une grande campagne d'information auprès des habitants, à travers la réalisation d'une plaquette (ou de la distribution de celle réalisée par l'INPES : prevention-incendies.pdf), de la publication d'articles dans "Puteaux infos", de formations données dans les écoles et à l'occasion de la fête des associations sur l'île. Le tout bien entendu en association avec les sapeurs-pompiers de Paris.
En février dernier, l’Assemblée nationale a décidé de rendre obligatoire, d’ici 2012, l’installation de détecteurs de fumée dans tous les logements. Pourquoi ne pas faire de Puteaux une ville modèle dans ce domaine, en équipant dès maintenant tout le parc HLM et en créant une mesure d'incitation à l'achat pour le parc privé ?
Car offrir des
nuits d'hôtel, des vêtements et des boissons aux sinistrés, c'est très
bien... mais prévenir les incendies, c'est encore mieux. Alors,
ensemble, agissons sans attendre.
Christophe Grébert
Conseiller municipal MoDem de Puteaux
(photo : le 23 mai 2009, devant l'immeuble incendié de l'avenue du Général de Gaulle, sur Flickr)