Je suis ressorti du conseil national du Mouvement démocrate, samedi 30 juin, avec un double sentiment : soulagement et faim d'action.
Soulagé, car le parti n'explose pas (c'était le risque annoncé le matin même dans Libération !) : certains ont prôné l'alliance avec le centre droit, d'autres avec le centre gauche... Mais en réalité, parce que nous sommes indépendants (non inféodés, comme l'a dit François Bayrou lors de sa conférence presse), nous avons la possibilité et le devoir d'être ouvert aux 2.
Devant le CN, j'ai salué la contribution de Robert Rochefort qui ressemble à une synthèse : travaillons sur notre organisation, notre projet ("existons", comme l'a bien dit François Bayrou) et ensuite ou simultanément travaillons sur des partenariats. Et puisque nous sommes libres, pourquoi pas avec la majorité actuelle. Elle n'est pas irréprochable, mais elle n'est pas non plus l'ennemi, pas plus que la droite républicaine. Elle ne nous "heurte" pas, a dit Robert Rochefort, à l'inverse du précédent gouvernement.
J'ai dit que je n'avais pas adhéré au Modem pour me retrouver dans une nouvelle UDF ou un PRG-bis. Ceux qui sont restés au MoDem, après toutes les tempêtes vécues, sont je crois d'accord sur ce point.
J'ai aimé l'intervention de Blanche Mühlmann, maire-adjointe d'Asnières-sur-Seine, qui a affirmé n'être pas devenue de gauche en participant à une majorité municipale socialiste. J'ajouterais qu'elle n'est ni moins, ni plus légitime qu'un élu Modem appartenant à une majorité UMP.
Ce n'est pas du "ni, ni"... C'est un changement de culture.
J'ai dit au Conseil national que l'annonce par Francois Bayrou de son vote Hollande au second tour de la présidentielle avait été un "acte fondateur". J'aurais plutôt du dire l'"aboutissement de notre projet" : nous ne sommes plus liés naturellement, automatiquement ou obligatoirement à la droite. Nous sommes indépendants, pour nous permettre de rassembler et d'oeuvrer à l'intérêt général.
Il me semble que ce CN a aussi validé globalement cela.
Une envie d'action
Nous sommes maintenant engagés dans un nouveau cycle de 5 ans. Il faut dans cette période tout en même temps nous reconstruire, affirmer nos valeurs, développer un projet, mettre en avant de nouveaux visages et travailler aux alliances. Nous avons pour cela besoin d'un exécutif agissant et efficace ; il y a une volonté des militants de s'exprimer et un calendrier de rendez-vous doit être programmé rapidement.
Premier rendez-vous : une Université de rentrée en septembre. Ensuite, le congrès en 2013, qui sera précédé par un long processus de contributions.
Sur l'organisation interne, Francois Bayrou reste président. Il demeure avec nous, mais souhaite prendre un peu de recul médiatique. Il sera remplacé en cela par les vice-présidents du mouvement. Le secrétaire général Marc Fesneau va mettre en place une équipe de "quadras" pour travailler à l'organisation des prochaines échéances électorales.
Sans précipitation et avec organisation, le MoDem va se remettre dans l'action. Nous sommes nombreux -élus et militants démocrates- à avoir faim de cela.
Christophe Grébert
Conseiller national du Modem